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Allaitement maternel en Mongolie

L’allaitement maternel dans les terres de Gengis Khan

De Ruth Kamnitzer

Que serait l’allaitement dans un endroit où tout le monde le pratiquerait ? Une Canadienne vivant en Mongolie en a fait l’expérience.

En Mongolie, un dicton local dit que les champions de lutte sont allaités au sein pendant au moins 6 ans, une référence qui en dit long dans un pays ou la lutte est le sport national !

Je suis partie vivre en Mongolie quand mon premier enfant n’avait que 4 mois, et j’y ai vécu jusqu’a ses 3 ans.

Élever mon fils ses premières années de vie dans un environnement où les regards sur l’allaitement maternel sont radicalement différents des normes dominant en Amérique du Nord, m’a ouvert les yeux sur une vision totalement différente de celle que j’aurais pu avoir chez moi.

Non seulement les Mongols allaitent longtemps, mais ils le font avec plus d’enthousiasme et avec moins d’inhibition que quiconque d’autre au monde . En Mongolie, le lait maternel n’est pas seulement pour les bébés. Le lait de mère n’est pas seulement une question de nutrition et ce n’est certainement pas un sujet tabou ! Après tout, c’est ce dont est fait Gengis Khan.

Comme beaucoup de jeunes mamans, je n’avais pas beaucoup réfléchi à l’allaitement avant d’avoir un enfant. Mais quelques minutes après que mon fils Callum pointa le bout de son nez, il s’accrocha à mes seins et sembla par la suite être déterminé à ce que ça n’arrête jamais. J’ai eu de la chance parce que l’allaitement maternel à démarré facilement pour moi. Je n’ai jamais eu de crevasses, et rarement les seins engorgés. Mais dans ma tête, les choses n’étaient pas aussi simples.

Autant j’aimais mon bébé et valorisais le lien de l’allaitement maternel, autant , par moments, je le trouvais pesant.

Je n’ai pas été préparée à l’ampleur de mon amour pour lui, ou à l’intensité de son besoin pour moi et moi seule, et pour mon lait.

« Ne le laissez pas faire de vous une tototte humaine ! » m’avait avertie une infirmière canadienne à peine quelques jours après la naissance de mon fils alors qu’il tétait des heures d’affilée.

Mais alors que je parcourais toutes les raisons possibles de ses pleurs… Gaz, couche mouillée , sous- stimulation, sur- stimulation ? Je finissais généralement par donner le sein a nouveau, je me demandais si j’agissais au mieux et je me mettais constamment en doute.

Puis, j’ai déménagé loin du Canada, en Mongolie ou mon mari faisait une étude sur la faune. Là-bas les bébés sont constamment enveloppés dans d’épaisses couvertures, ficelés comme des paquets qu’on n aimerait pas voir tomber en morceaux si on les envoyait par la poste. Quand le paquet murmure on lui met le sein dans la bouche. Les bébés ne sont pas changés très souvent, on ne les fait jamais roter, leurs mains ne sont pas disponibles pour attraper un hochet et on ne les met jamais a plat-ventre.
Ils restent enveloppés pendant au moins 3 mois et chaque fois qu’ils font un bruit, ils sont mis au sein.
Ce fut très intéressant pour moi !
A l’âge de 3 mois, les bébés canadiens ont déjà une vie sociale. Certains prennent des cours de natation, d’autres apprennent même a s’auto-apaiser.
J avais supposé qu’il y avait de nombreuses raisons aux pleurs des bébés et que mon rôle était de les comprendre et de leur trouver une solution mais en Mongolie il n y a qu’une seule solution : le sein. Alors j’ai fait pareil !

Un sein fonctionnel en ville

Au Canada une certaine mystique entoure encore l allaitement mais, en réalité, on n’y est tout simplement pas habitué ! L allaitement se passe à la maison, dans des groupes de mères, parfois dans des cafés mais on le voit rarement en public et nous n’avons pas le souvenir d’avoir été allaités nous-mêmes .Cet acte privé entre la mère et l’enfant est, le plus souvent, accueilli par un silence et un regard détourné. Comme les regards envers les démonstrations publiques d’amour des couples. Ce n’est pas vraiment tabou, juste un peu troublant et poliment ignoré. Puis lorsque l’angélique nouveau-né devient, lui même un bambin, avec l’intention précise de faire savoir exactement ce qu’il fait, et comment, alors les regards sont détournés un peu plus rapidement, et parfois même sous des sourcils froncés.

En Mongolie, quand on allaite, on n’est pas envoyé vers les toilettes publiques ou les « salles de repos pour femmes » mais on est en plein milieu de la scène.

Le pratique des Mongols est d’allaiter partout, n’importe où, à n’importe quel moment. Ce fait, couplé avec le fait que les Mongols vivent en grande proximité entre familles fait qu’à peu prés tout le monde est familier avec la vision des seins « fonctionnels ». En Mongolie, tout le monde était heureux de voir que j’allaitais à leur façon (ce qui est bien sur, la bonne façon de s’y prendre !)

Quand j’allaitais au jardin public, les grands-mères me régalaient avec les anecdotes des douzaines d’enfants qu’elles avaient allaités. Quand j’allaitais dans les taxis, les chauffeurs me jetaient un regard complice, en levant leur pouce et m’assuraient que mon fils allait bien grandir et être un bon lutteur. Quand je faisais le marché, avec mon fils scotché au sein, les vendeurs me faisaient de la place à leur stand et encourageaient Callum à boire bien et beaucoup !

Au lieu de détourner leurs regards, les gens se penchaient en avant, tout prés de mon fils qui tétait pour lui donner un bisou sur la joue ! Si jamais Callum lâchait le sein en réponse, et que mon lait jaillissait en plein milieu d’une éjection, personne ne manifestait le moindre signe de gène. Simplement ils essuyaient leur nez, et riaient de satisfaction pour mon fils, visiblement bien nourri !

Depuis les 4 mois de mon fils, jusqu’à ses 3 ans, que j’aille n’importe où, j’entendais le même discours : « L’allaitement maternel est le meilleur aliment pour votre fils et la meilleure chose pour vous. ». L’approbation permanente, constante, m’a fait sentir que je faisais une chose très importante, qui comptait pour tout le monde. Exactement le genre d’applaudissements publics dont chaque jeune mère a besoin.

L’arme secrète de chaque mère paresseuse

Quand Callum a eu 2 ans, j’ai pris conscience de l’étendue de l’utilité de l’allaitement maternel. Rien n’endort un enfant aussi rapidement, ni ne rompt l’ennui des longs voyages ou du temps passé dans les files d’attentes, ni ne calme une tempête de frustration aussi vite qu’un peu de lait chaud de maman. L’allaitement maternel est l’outil de parentalité le plus efficace et, à l’âge de 2 ans, j’avais l’impression que je l’utilisais a sa pleine puissance mais les Mongols, l’utilisent a un niveau bien supérieur.

Pendant les rudes hivers, enfermée dans les Yourtes pour éviter le froid glacial, j’ai passé de longues heures, avec ma copine Tsetsgee. Ce fut une expérience très riche pour moi car cela m’a fait comprendre que la parentalité varie en fonction de la culture, mais que la biologie reste la même.

Dés le début d’un désaccord entre nos bambins, au sujet d un jouet ou d autre chose, ma première réaction en tant que Canadienne, était de ramener la paix en distrayant Callum, mon fils, avec un autre jouet, tout en lui expliquant les principes de partage.

Cette technique prend du temps, nécessite un effort, et son taux de réussite n’est que de 50%. Lors des tentatives ratées Callum , à l’âge de 2 ans, ne comprenant pas les principes de partage, se mettait très en colère. Sa frustration se manifestant par des hurlements et des efforts pour se libérer de mes bras. Alors, je le prenais dans mes bras, le berçais et lui proposais le sein.

Tsetsgee, elle, avait une approche typiquement Mongole : dés le premier murmure de mécontentement, elle soulevait son T-shirt, et commençait à balancer ses seins avec enthousiasme en appelant son fils : « viens vers maman mon chérie, regarde mon amour ! Regarde ce que maman a pour toi ! ». Alors son fils regardait droit vers ses aréoles comme une cible, et systématiquement quittait la scène de désaccord et trottinait vers elle.

Son taux de réussite était de 100%.

Époustouflée par son taux de réussite, j’ai appliqué la même méthode!

Voilà, nous étions deux jeunes mères, agitant nos seins comme deux stripteaseuses en compétition, tentant de gagner la faveur d’un client !

Si les grand-mères étaient présentes, elles entraient dans la compétition. Les pauvres bambins ne savaient pas quelle paire de seins choisir : la plénitude et la douceur des seins de leur propre maman ou les vieux gants de toilette de leur grand-mère adorée qui tentait de gagner la reconnaissance et l’appréciation de ses petits-enfants ? Quelquefois, les grands-pères, essayaient de rentrer dans la compétition en pinçant dans leur main leurs faibles masses de graisses, enviant les seins des femmes pour leur efficacité.

Je ne peux même pas imaginer une seconde, les mères des réunions LLL osant les mêmes techniques de négociation de paix avec leurs enfants.

Quand ils marchent et parlent et passent leurs examens ?

Lors des cours de préparation à la naissance que j’avais suivis dans la petite ville du Canada où Callum est né, l’allaitement avait été présenté par le biais d’une vidéo montrant une Suédoise particulièrement sportive, allaitant son bambin au milieu de sa journée de ski. Les futurs mamans avaient été très secouées. Bien sûr, allaiter un bébé c’est bien, mais quand ils marchent, et parlent, hors de question ! C’était la réaction du groupe, mais moi, je ne savais pas trop quoi en penser.

Je fus surprise a mon tour quand, un jour, une de mes jeunes amies Mongole me dit qu’elle avait tété jusqu’à l’âge de 9 ans ,j’étais sidérée ! Au départ j’ai pris ça pour une blague. Plus tard, mon fils s’est sevré peu après ses 4 ans. Rétrospectivement, donc, je me suis trouvee un peu dans l’embarras du fait que j’ai été incrédule à l’époque.

Bien que 9 ans soit un âge bien avancé pour téter sa mère même sur une échelle mongole, ce n’est pas un cas unique ou exagéré sur une échelle planétaire.

Bien que le thème du sevrage naturel, entamé par l’enfant, ne soit pas un sujet facile à aborder avec les Mongols a cause de la barrière de la langue, il semble que ce soit la norme en Mongolie.

Je n’ai jamais rencontré une maman qui allaitait en « tandem » ou qui pratiquait le « co-allaitement » ce qui m’avait surpris à l’époque, mais il faut dire que les naissances sont bien espacées. La majorité des enfants se sèvrent entre 2 et 4 ans. (* note 1) En 2005 selon UNICEF 82% des enfants en Mongolie tétaient toujours à l’âge de 12 et 15 mois et 65% tétaient encore à 20 et 23 mois. Typiquement, le dernier-né, sans nouvelle grossesse, continue de téter sans limite d’âge. Voilà ce qui explique donc l’allaitement maternel jusqu’à l’âge de 9 ans de mon amie Mongole. Si on croit à la sagesse des Mongols, la durée de l’allaitement maternel est directement corrélée au succès à la lutte !

A l’âge de 3 ans, Callum tétait encore avec le même enthousiasme qu’un nouveau né et je me demandais comment le sevrage naturel allait être possible. Je me demandais quels étaient les motifs de sevrage des enfants. Beaucoup de mamans disaient que leurs enfants n’étaient plus intéressés par le sein. D’autres disait que la pression des autres enfants jouaient un rôle. (il est vrai que j’ai entendu certains enfants en provoquer d’autres, en leur disant sur un ton moqueur « tu veux téter ta mère ? » de la même façon que j’entends les enfants Canadiens se traiter de « poule mouillée ».

De plus en plus souvent, les contraintes professionnelles forcent un sevrage du sein plus tôt qu’il n’aurait eu lieu naturellement. Les enfants passent souvent les étés à la campagne pendant que leur mère allaitante reste en ville pour travailler. Souvent, les séparations prolongées font tarir la production de lait. Ma copine Buana, qui a aujourd’hui 20 ans, m’a expliqué comment elle à réussi sa carrière de têteuse médaille d’or. « j’ai grandi à la campagne. On vivait dans une yourte traditionnelle. Ma mère m’a toujours dit de bien boire son bon lait parce que c’était très bien pour ma santé. Je pensais que tous les enfants de 9 ans tétaient leur mère. Quand j’ai commencé le collège, loin de la maison, j’ai arrêté de téter. » Puis elle me regarda droit dans les yeux et elle me dit avec un clin d’œil « mais j’aime bien le boire de temps en temps. »

Passez le lait s’il vous plait

Dans ma perception de l’évènement, le sevrage du sein se passait de façon relativement simple, sur le plan technique. J’imaginais que les tétées allaient décroitre en nombre et en fréquence, et continuer ainsi jusqu’à ce que mon enfant oublie complètement de téter. Mon lait allait se tarir et ce serait la fin de l’histoire. La boutique fermerait ses portes.

En Mongolie, le sevrage ne se passe pas tout à fait comme ça.

En discutant sevrage avec ma copine Naraa, je lui ai demandé l’âge auquel sa fille, âgée de 6 ans à l’époque s’était sevrée. Elle me répondit « A l’âge de 4 ans. Je fus très triste, mais ma fille ne voulait plus téter. » Puis Naraa me dit que la semaine précédente sa fille était rentrée d’un séjour prolongé à la campagne avec ses grands-parents et qu’elle avait voulu téter. Naraa en fut heureuse et me dit « je pense que je lui ai beaucoup manqué. C’était bien, c’était beau. Bien sûr, je n’avais plus de lait, mais cela n’a pas dérangé ma fille. »

Si sevrage par définition veut dire qu’on ne tète plus jamais le sein de sa mère, alors les Mongols ne sont jamais vraiment sevrés. Voici une pratique culturelle qui m’avait étonnée.

Si une maman a un engorgement et qu’aucun bébé ne se trouve a portée de sa main, elle fait le tour de tous les membres de sa famille , peu importe leur âge ou leur sexe, en leur demandant s’ils veulent bien boire un peu d’élixir !

Souvent une femme va exprimer un bol de son lait pour son mari, en guise de gâterie, ou en laisser au frigo pour que quelqu un puisse se servir.

Bien qu’on ait toutes dégusté notre propre lait pour une raison ou une autre, ou qu’on l’ait fait goûter a nos partenaires, ou peut-être ajouté à un café en cas d’urgence, je ne pense pas que beaucoup d’entre nous en aient bu très souvent.

En revanche, chaque Mongol a qui j’ai pu poser la question de savoir si il ou elle aime le lait maternel, m’a systématiquement répondu par l’affirmative. La valeur du lait humain est si célèbre et si fermement ancrée dans leur culture qu’il est considéré bon, non seulement pour les bébés, mais bon tout court.

Le lait humain est souvent utilisé pour ses effets médicinaux, donné aux personnes âgées, en traitement « tous usages » et utilisé pour guérir la conjonctivite, ainsi que pour rendre (paraît-il) le blanc des yeux plus blanc, et le marron plus foncé.

Avant tout, je pense que les Mongols boivent le lait maternel pour son goût. Une copine occidentale qui tirait son lait au travail avait laissé le récipient contenant son lait dans le frigo commun sur son lieu de travail pendant la journée. Elle l’a récupéré à moitié vide. Elle a ri en disant « Il n y a qu’en Mongolie qu’on peut soupçonner ses collègues de bureau d’avoir bu son lait ! ».

S’intégrer dans une autre culture a pour effet perturbant de se forcer a réévaluer sa propre culture. Je ne sais pas comment j’aurais vécu l’allaitement de mon fils chez moi, dans mon propre pays. La véritable avalanche de soutien et de renforcement que j’ai reçue en Mongolie et l’acceptation voire le respect total de l’allaitement en public m’a tout simplement époustouflée et m’a donné la confiance et la liberté de nourrir et d’élever mon fils de la manière que je sentais comme étant la meilleure pour lui et pour moi, sans qu’on me mette des bâtons dans les roues.

Il y a bien sûr des différences évidentes dans les normes d’allaitement (fréquence, durée etc.) mais j’ai fini par comprendre qu’il y en avait une plus grande dans notre approche de la parentalité et nos définitions de l’autonomie, et de l’indépendance.

En Mongolie, l’allaitement maternel n’est pas pas considéré comme une « dépendance » et le sevrage n’est pas un but

En Amérique du nord, nous valorisons tant l’indépendance, que cette attente à une influence sur notre façon d’élever nos enfants. Nos discussions en tant que parents sont toujours basées sur les étapes du développement de l’enfant telles que l’alimentation solide, le nombre de tétées par jour, le nombre d’heures de sommeil et la durée maximale de séparation tolérée.

Même si nous ne nous posons pas ces questions il est difficile d’échapper à leur impact. Il existe un véritable marché de l’équipement pour bébé qui envoie un message très clair qui est que l’enfant doit pouvoir se passer de sa mère.

En Mongolie, l’allaitement maternel ne signifie pas dépendance et le sevrage du sein n’est pas un but. Les Mongols savent que leurs enfants vont grandir. En réalité, le Mongol moyen, âgé de 5 ans, est beaucoup plus indépendant de sa mère que n’importe quel enfant occidental, allaité au sein ou pas. Il n’y a pas lieu de faire une course au sevrage.

Élever mon fils en Mongolie m’a permis de me rendre compte qu’il y avait en vérité des millions de façons de faire, et que j’avais l’embarras du choix. Pour la durée de « carrière de téteur » j’ai dû faire face a une multitude de défis, essayer et laisser beaucoup d’idées reçues et de pratiques populaires jusqu’à ce que je trouve mon propre style. Je suis ravie d’avoir allaité Callum aussi longtemps. Je n’aurais jamais cru qu’il allait téter 4 ans ! Je suis convaincue que l’allaiter est le meilleur investissement que j’aie pu faire pour mon fils et que l’allaitement jusqu’à son sevrage naturel aura un effet permanent sur sa confiance, sa personnalité, le fait qu’il se sente en sécurité ainsi que sur notre relation mère-fils. Puis quand il gagnera la médaille d’or en lutte, j’attendrai qu’il me remercie.

°Note : 1 : Unicef Childinfo : « Monitoring the Situation of Children and Women, Infant and Young Child Feeding 2000-2007» (January 2009) www.childinfo.org/breastfeeding_countrydata.php

Article original de Mothering Magazine. N° 155 juillet-aout 2009



Photographie de Hamid Sardar,
extraite de « Une histoire de l’allaitement », D. Lett et M. F. Morel,
Editions de La martinière

(Image bébé : source)

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Commentaires (28)

Coucou,
Je découvre ton blog et je suis très impressionnée. Je vais le parcourir plus en détail car il est vraiment intéressant et je suis ravie de l’avoir trouvé. Même si c’est parce que j’ai moi aussi eu une très très mauvaise surprise avec mon troc Nouria. J’attends toujours mes 3 patrons alors qu’elle a reçu son livre de couture neuf. J’ai essayé de t’envoyer un mail via le formulaire de contact mais cela me met que ma réponse est incorrecte à la question, pourtant il me semble que j’ai la bonne réponse ;).
Merci pour ton partage et pour ton blog que je mets dans mes favoris !
A bientôt
Marion

en tant que consultante en lactation je ne peux dire que BRAVO!!!!

Très intéressant!

article incroyable …
merci

super intéressant!! en tant que maman allaitante, (BB1, 2ans et demi d’allaitement, et BB2 2ans 3mois en cours ), je suis toujours autant en adoration devant CE bébé qui tète!
je me suis souvent posée la question, de ces mamans du monde qui allaitent, qui sont entourées dans leur quotidien, sont-elles fatiguées physiquement de leurs allaitement?!

un très bon livre sur l’allaitement et l’accouchement dans le monde: Lise Bartoli « venir au monde »

merci de cet article, merci de ce site très chouette:)

J’ai la chance de vivre en Autriche ou là aussi, l’allaitement est la chose la plus normale au monde… J’ai allaite partout (cafe, supermarche, voiture, rues, dans les champs…) ! En dehors des bienfaits du lait maternel, j’ai eu cette chance de n’ecouter que moi et faire comme je pensais aussi, comme a la methode mongol, je propose souvent le sein.. Il ne sert pas seulement à s’alimenter mais à etre (comme disent les canadiens), une tetine geante, à rassurer, caliner… J’adore ce lien entre teteuse et tetee ! Je m etais dit, avant que mon ainee ne naisse, j allaiterai 6 mois pis on verra… Lorsque j ai commence a allaiter, j ai dit assez rapidement, j’arreterai quand elle arretera! Malheureusement, elle a cesse au 6e mois parce que le taf, les contraintes ont tari le puit 🙁 Pour ma 2e canaille, j’ai change ma facon d aborder les choses et je bosse de la maison, j ai de la chance, mon job me le permet! Plein de gens europeens pensent que nous sommes esclaves mais moi, je vois ca d’un autre oeil.. Ce sont mes moments sacres avec mes momes et ca, personne ne pourra le remplacer!

Très intéressant, j’ai allaité presque 7mois et là je suis heureuse de lire ce message. Je me rends compte à quel point en France c’est pas facile pour les jeunes femmes d’allaiter. Ce qui est mis en avant c’est la dépendance avec l’enfant …. hors pour que l’enfant devienne indépendant il lui faut être dans la dépendance.
Merci de tout coeur
Geneviève

Merci pour ce beau témoignage.
Pour que l’enfant devienne indépendant, il est nécessaire qu’il passe par la dépendance.
Geneviève

Bien d’accord avec vous, ça me fait d’ailleurs penser à un texte que j’avais adoré lire : « la théorie du réservoir »

Merci Geneviève pour votre visite, au plaisir de vous relire!

Je trouve ton article très intéressant. Effectivement chez nous le sevrage est un but, bébé vient à peine de naître qu’on fixe une date de sevrage…c’est très dommage. J’allaite toujours ma fille de 13 mois, mais le matin uniquement. Je n’ai pas vraiment été encouragé, je me suis encouragé moi-même ignorant les conseils de mon pédiatre.

Article magnifique qui devrais être lu par les jeunes maman qui hésite l’allaitement

Bonjour,
J’ai lu votre article avec attention, perplexité, mais intérêt, et « pourquoi pas » a surgi dans mon esprit.
J’ai 34 ans, n’ai pas encore d’enfant donc ne sais pas encore comment je vais m’y prendre côté allaitement. Je suis très instinctive, donc je ne me poserai pas trop la question avant. Je suis à la base plutôt favorable à l’allaitement pendant les premiers mois, du moins.

Mais quand même : dans votre article, aucune mention, aucune allusion n’est faite à la notion de femme au-delà de la mère. Nous sommes les deux. Nous ne pouvons être réduite à la mère, pas plus qu’à la femme; les deux coexistent au cours de l’existence. Dans le cas d’un allaitement, même « bref » de quelques mois, d’un an, voire deux, qu’en est-il de la place laissée à la femme ? Qu’en est-il de sa sexualité? Qu’en est-il de sa liberté (si l’enfant a 3, 4 ans, cela signifie 3, 4 ans d’omniprésence ou presque). Qu’en est-il de ses seins, ou de ce qu’il en reste ?

Par ailleurs, si j’ai compris et plutôt approuvé l’ensemble des « techniques » et façons de faire de ces Mongols, l’une d’entre elles me laisse un gros doute quand même : le fait de « résoudre » un conflit, une frustration, par le lait maternel, équivaut à notre occidental « tu es frustré, en colère? Tiens, prends un Kinder » ou « tiens, prends ta suce ». Autrement dit, mange, compense par la nourriture, apaise la frustration par le sucre. Surtout, n’apprends pas à l’accepter cette frustration, non ! Mange. Apaise-toi.
Ce mécanisme me paraît « pratique » sur le moment mais (très) dangereux pour le psychisme de l’enfant. Et c’est une ancienne boulimique qui vous parle…Manger ses émotions plutôt que les exprimer, mettre la douce euphorie apportée par le sucre, et le « shoot » apporté par la nourriture en général, par dessus une frustration, c’est le meilleur moyen pour se détacher de ses émotions, refouler sa colère en déni, j’en passe et des plus graves.

Bonsoir Isabelle et merci pour votre commentaire.

Inéluctablement la maternité transforme la femme, la révèle, la sublime même! Il est naïf de penser – bien que la société occidentale tente de nous le faire croire – que la femme restera la même femme après un accouchement, véritable rite de passage. En ce qui me concerne je dirais même que c’est la maternité qui m’a rendue femme. Parler de « notion de femme au-delà de la mère » me semble assez difficile sans en avoir fait l’expérience…

Je suis une mère allaitante, à la maison et totalement épanouie. Je me sens tout à fait libre et suis reconnaissante à chaque instant de cette merveilleuse chance qui m’est offerte de voir mes filles grandir et évoluer, de ne rien manquer de leurs progrès, leurs joies et leurs peines, de leur offrir tout l’amour et toute l’attention que je peux, pour que justement elles grandissent dans la confiance et pas dans le manque, selon « le concept du continuum ».

Le nourrisson, l’enfant, ne fonctionnent pas encore comme l’adulte en ce qui concerne la gestion des émotions. Justement, c’est parce que l’enfant aura connu le manque pendant la période cruciale de son développement, qu’il aura tendance étant adulte à vouloir le combler (par la nourriture, les drogues, l’alcool… toutes formes d’addictions compensatoires). Il ne s’agit donc pas de « résoudre un conflit par le sucre », il s’agit de rassurer, calmer. Le lait maternel ne se résume pas à sa fonction nutritive*, se serait en réduire la portée : la mise au sein est avant tout un acte d’amour 🙂

A bientôt!

(ps : j’ai moi-même été anorexique-boulimique plus de 10 ans…)

* Voir Les 5 raisons majeures pour lesquelles les bébés tètent

Euh….je n’ai absolument pas rejeté l’allaitement ni le fait d’être mère, ni dit ou écrit à aucun endroit que ce n’est pas merveilleux de voir ses enfants grandir !
On s’est pas du tout comprises je crois 😉
Je n’ai pas encore d’enfant parce que je n’ai pas encore formé de couple qui eût pu en accueillir, mais j’aimerais être mère dans les années qui viennent.
Pour moi, être mère n’est toutefois pas une fin en soi et il me paraît dangereux et surtout erroné de stipuler qu’une femme n’est pleinement femme qu’une fois mère.
Mais on s’éloigne du sujet. Je reste persuadée que donner du lait pour résoudre une frustration de façon systématique (et c’est ce qui était indiqué dans l’article sur les femmes Mongol) est dangereux.
Je pense toujours, également, qu’une femme qui ait donné le monde reste une femme « à côté du fait d’être une mère. Et c’est malheureusement ce que trop de mères oublient, en s’oubliant dans la maternité et ce, pour tout le reste de leur vie.
Après, chacun élève son enfant comme il le souhaite et comme il pense « juste » et meilleur. Je ne pense pas, d’ailleurs, qu’il y ait une seule et unique façon « correcte » d’élever et de nourrir un enfant.
Bien à vous,
Isabelle

Bonjour Isabelle,
L’enfant ne fait pas que manger au sein, il y boit (en allaitement exclusif par exemple jusqu’à environ les 6 mois de l’enfant on ne donne pas d’eau même quand il fait chaud), et il s’y rassure aussi. Et lorsque l’enfant tétouille pendant des heures, il n’est pas en train de prendre de lait, donc on ne peut pas comparer avec le Kinder (peut être plus avec la tétine).

Si un enfant pleure, ne doit il pas être rassuré? Trouves tu mauvais qu’il soit bercé ou qu’il suce son pouce? La tétée déclenche une production d’hormones qui calme. C’est prouvé médicalement. C’est pourquoi cela apaise les conflits. Si le sujet t’intéresse procure toi ce bouquin, tu y trouveras de nombreuses explications : « le guide de l’allaitement naturel : nourrir son enfant en toute liberté »

La problématique de la femme et de ses seins « ou ce qu’il en reste » comme tu dis 😉 je peux t’assurer que ce n’est pas un pb. En fait quand tu allaites, surtout si tu es instinctive, tu ne te poses pas cette question. Quand tu sens que bébé a besoin de toi, le lait commence déjà à couler de tes seins, la nature est bien faite et se trompe rarement. Et puis ton enfant aura besoin de toi que tu l’allaites ou que tu lui donnes un bib. Il faudra lui créer une belle grande place dans ton emploi du temps comme dans celui du papa et, en fait, l’allaitement facilite plutôt les choses : pas à se préoccuper de préparer des bib, un enfant qui pleure moins, qu’on endort plus facilement et plus rapidement… C’est tout bénéf. Et cela ne t’empêche pas de te sentir femme (au contraire), ni d’être proche de ton conjoint.

Quant à ce « qu’il reste » de tes seins, ça dépend de la tonicité de ta peau et surtout du poids pris pendant la grossesse. C’est à ce moment que tes seins vont changer de volume et risquent de s’abimer. Ensuite allaiter longtemps ne change pas grand chose. J’ai allaité BB1 pendant 2 ans, et je viens d’avoir BB2 (14 ans plus tard) que j’allaite et compte bien allaiter longtemps. Bilan : des seins qui ne tombent pas spécialement et aucune vergeture, ni sur les seins, ni sur le ventre. Coup de chance. Nous ne sommes pas égales devant cela (même sans avoir d’enfant d’aileurs).

Rassure-toi, si c’était si terrible il n’y aurait pas tant de femmes qui prennent plaisir à allaiter dans des pays où l’accès au bib est facile. Je peux t’assurer que c’est une expérience inoubliable. Un lien extraordinaire avec ton enfant et plutôt émouvant pour le papa s’il on l’inclue bien. Si un jour tu tombes enceinte, je ne peux que t’encourager à tenter l’aventure. Tu t’arrêteras peut-être au bout d’un mois ou bien tu te surprendras à trouver ça génial toi aussi et à continuer plus longtemps. En tout cas ça vaut la peine d’essayer, ne serait ce que pour savoir comment c’est et ce que ça fait.

Et je te conseille ce jour là de bien t’entourer (surtout pour les premiers jours qui sont parfois compliqués… mais parfois aussi très faciles) et de participer à des réunions car comme l’explique l’article, c’est pas toujours aussi facile qu’on le voudrait selon le pays où l’on vit. On est souvent mal conseillée, voire jugée et pas seulement par des inconnus, mais aussi par nos familles ou même certains membres du corps médical car ils n’ont pas toujours eu une bonne formation concernant l’allaitement (ex : les pédiatres n’ont que qq heures de cours sur ce sujet pourtant crucial).

Le jour venu, je te souhaite de découvrir ce qui te convient le mieux à toi, et à ton bébé… et de le vivre dans le bonheur.

Coucou,
J’aime beaucoup vos créations si authentique !! Je suis, moi même, couturière amateur mais, je n’ai encore jamais travailler de textile tel que le chanvre, etc…
Pour ce qui est de l’allaitement, pour ma part, j’ai allaité mon fils jusqu’à ses deux ans et à la demande !! Même dans des lieux public, je ne suis pas pudique et il m’est jamais venue à l’idée de me caché !!! Par contre, j’ai arrêté de l’allaiter à ses 2 ans un peu contrainte par les remarques de la famille qui le trouver trop grand !! Pourtant aujourd’hui mon fils à 4 ans et il regrette encore souvent cette époque car il aime se lover dans ma poitrine et me demande souvent si j’ai encore du lait !!
Aujourd’hui, je suis à nouveau enceinte de 3mois et il est clair que je ne me laisserai plus influencer !! Je suis plus mature et sur de moi, alors j’arrêterai d’allaiter mon bébé quand celui-ci sera prêt !!
Bise et bon continuation dans vos créations …
Angie

Bonsoir Angie, merci beaucoup pour ce message, et toutes mes félicitations pour cette nouvelle grossesse ! Je vous souhaite une belle aventure et de pouvoir rester vous-même 😉
A bientôt!

Merci pour ce bel article qui m’a permis de rever a un monde occidental moins complexé quant a l’allaitement.
Quelle belle experience pour vous et votre fils, bravo !

Bonsoir Mathilde et merci pour ce commentaire. Je ne suis cependant pas l’auteure de cet article, je ne fais que le partager. Il est signé Ruth Kamnitzer. Au plaisir de vous relire !

Bonsoir et merci pour ce blogue,
j’avais eu la chance de lire cet article, quand la pression extérieur sur l’allaitement a faillit me faire arrêter…..
En partie grâce à celui-ci, j’ai continué depuis 6ans et demi je co-allaite (mes jumeaux et leur soeurette de 3ans et demi) et cela ne me pose pas/plus de soucis.
Merci pour les jeunes mamans que cela peut aider et soutenir dans leur démarche.

Juste un mot : MERCI
Ce témoignage me permets de me sentir moins marginale.
En France, l’allaitement est encore très mal perçu, ça ne me dérange pas car je n’aime pas que l’on m’impose ce en quoi je ne crois pas. De plus j’aime revendiquer ma différence.
Maïs, ça doit être étrange de se retrouver dans la norme et drôlement apaisant. Je ne suis pas née dans le bon pays 😉
Merci encore.

Bonjour,
Quel article passionnant que j’ai lu entre deux tétées 😉
Ton expérience est vraiment fabuleuse et nous donne une bonne leçon à nous les occidentaux trop pressés de se « débarrasser » de cet encombrement que sont les enfants!!! Les meurs sont décidément très lourdes à déplacer et ne risque pour le moment pas de changer!!

Bonne continuation.

[…] nombre de pays dans le monde, et ce même à un âge assez tardif, comme c’est le cas en Mongolie ? Saviez-vous que l’Organisation mondiale de la Santé (OSM) recommande l’allaitement […]

Un billet passionnant et instructif, merci beaucoup. La Mongolie est un pays qui me fascinait déjà pour de multiples raisons, et ce témoignage me donne encore plus envie d’aller à la rencontre de ce peuple dont la philosophie me semble si proche.

Très intéressant….

Merci pour la beauté de ce témoignage. J’ai allaité mon aînée jusqu’à 6 ans en co-allaitement avec ma dernière qui a maintenant 16 mois. Ça permet de déculpabiliser face à un regard trop négatif et condamnateur de notre société qui nous fait parfois douter.
Au plaisir de lire prochainement de tes nouvelles

Bonjour,
Bel article, beau témoignage sur La simplicité de La nature.
J'ai pu allaiter mon fils jsuqu'a ses dix mois. Ceci à la demande est progressivement Les temps d'allaitement se sont transformés en temps d'écoute d'histoire, de conte, de lecture….
Certaines personnes ont imaginer un risque de trop grande fusion….mais non je pense que cela développe l'écoute, La communication, La contenance….et Les fonctions immunitaires….
Je suis en formation pour devenir psychomotricienne et je partagerai volontiers votre article qui pourrait ouvrir des perspectives nouvelles dans notre système social…
Bravo

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